9.2.11

Qui suis-je

De formation scientifique, j'ai toujours été attirée par la communication, l'art et le plein air.
Au cours de mes études en biologie, j’ai choisi d’appliquer ma spécialisation de biologie moléculaire à l'environnement, et plus particulièrement aux mammifères marins. J'ai ainsi pu collaborer avec les différents centres de recherche sur les mammifères marins du Québec, grâce à des stages et des emplois; en tant qu'observatrice de terrain mais aussi en tant qu'animatrice dans les centres d’interprétation et lors de présentations orales.
Pour en savoir plus : Projet de maîtrise vulgarisé
ou "L’élaboration d’une méthode pour évaluer l’âge des cétacés à partir de leur longueur de télomères".
J'ai poursuivi cette voie qui m’a menée à la vulgarisation scientifique et au bénévolat pour des organismes promouvant la science. Des formations supplémentaires auprès de l'Association des communicateurs scientifiques (ACS) et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), deux organismes dont je suis membre, m'ont permis de devenir journaliste indépendante.
La cause des journalistes indépendants et le peu de reconnaissance générale envers ces travailleurs atypiques ont forcé mon intérêt et mon implication à l’Association des journalistes indépendants du Québec (
AJIQ) en tant que membre du conseil d’administration.

Employée comme coordonnatrice adjointe à Québec-Océan, j'étais chargée de coordonner l’ensemble des activités à Rimouski. Ceci passe par préparer la tenue de réunions, assurer le suivi du conseil d’administration et de l’assemblée générale annuelle, participer à la rédaction du rapport annuel et des articles du site Internet ainsi que mettre à jour la banque de données. Cet emploi à temps partiel assurait aussi la tenue d'activités de vulgarisation scientifique.

Cet emploi faisait suite à celui d'agente de liaison pour le Centre interinstitutionnel de recherche en écotoxicologie (CIRÉ), où mon mandat consistait à rédiger des rapports faisant état de pollution environnementale mais aussi à développer des outils de communication scientifique pour ce centre et ses partenaires muséaux.


Voici quelques échantillons de mes réalisations. En tant que pigiste, j'ai écrit pour la revue Découvrir, l'Agence Science Presse, la revue Quatre Temps, le webzine Pluie de Science, la revue Espaces, la maison d'édition Ulysse, ou encore des magazines Jeunesse tels que Les Explorateurs ou Les Débrouillards, pour qui j’ai également fait de la recherche. En tant que communicatrice, une collaboration avec le Musée Armand Frappier a conduit à une série d'articles parus dans le Courrier Laval : les "Sciences simplifiées", ou encore au développement de leur infolettre Informus Frappieri : le bulletin d'information trimestriel .
Il y a aussi eu quelques ébauches... comme "Cacophonie chez les baleines", présenté dans le cadre de la bourse de vulgarisation scientifique Fernand Seguin, ou la pilule bleue touche le coeur des femmes, l'approche scientifique écosystémique, la thérapie génique au service de la lutte contre le cancer.

28.9.08

Les Débrouillards


Le magazine les Débrouillards offre aux jeunes de 10 à 14 ans la possibilité d'en connaitre un peu plus sur l'univers scientifique. De courtes capsules "Quoi de neuf" annoncent aux jeunes les dernières découvertes.






Septembre 2008

Quel vacarme dams les océans ! Écoute ce que Michel André, un spécialiste de la bioacoustique basé en Espagne, fait pour les aider.



Juin, Juillet, Août 2007
Des sous-marins de poche et de la cuisine naturelle...

Mai 2007


Un homme a réaction, de la tendresse arachnide : Tout pour surprendre !!


Mars 2007

Des insectes qui volent, ça n'a rien d'extraordinaire ... Encore faut-il qu'ils aient des ailes !! Et qu'ils ne soient pas accompagnés d'un poisson !



Février 2007
Quel est le secret du son si précieux des Stradivari ? Vous le découvrirez en lisant cette capsule !



Janvier 2007
Bras de fer bionique
Miroir, dis-moi qui est la plus belle ?
Qui dort dîne


27.9.08

Découvrir



Découvrir est un magazine bimestriel de vulgarisation scientifique qui a pour mission d'aider à voir, comprendre et interroger le monde de la recherche qui nous entoure.








Pour savoir si la banlieue rend conservateur ou comment guérir votre phobie des ordinateurs, lisez le numéro de Découvrir de février-mars 2008 !







Dans le numéro de Décembre 2007, découvrez comment combattre le cancer avec l'arbre emblèmatique du Québec ou les risques reliés aux grossesses tardives.





24.9.08

Les Explorateurs






Le magazine Les Explorateurs est un magazine destiné aux jeunes de 6 à 10 ans, curieux de la nature mais aussi de la géographie.


Novembre 2007
venez en apprendre un peu plus sur la fauconnerie, cet art moyen-âgeux, avec Julie Lecours, fauconnière des temps moderne !

Plus de photos de Julie, cliquez ici !

Mars 2007
Venez découvrir le Costa Rica avec Mélissa.
Ce photoreportage a été effectué lors de mon voyage dans ce beau pays en hiver 2006.


Plus de photos du Costa Rica, cliquez ici !

Décembre 2006
Participez à l'action des Vezeau au Niger.
Au cours de leurs vacances de pâques 2006 voyage, Les Vezeau sont partis au Niger. Mais pas un voyage comme les autres... Ils ont pu aider les jeunes de là-bas en apportant des vêtements, des chaussures et des jouets. Les photos ont été prises par Steve Vezeau.





23.9.08

Microbes à la Une !

Cette exposition itinérante présentée par le musée Armand Frappier, démystifie les bienfaits et les méfaits des microorganismes.

Elle a été présentée au Musée du fjord, Chicoutimi, au Centre Laval, 1600 boul. Le Corbusier, à Laval, jusqu'au 22 mai 2008, puis à Sherbrooke, au Musée de la nature et des sciences.


Partenaires réalisateurs : Musée du Fjord et Musée de la nature et des sciences.

22.9.08

Pluie de Science

La mer n’est pas un oasis de silence. Au contraire, c’est un univers sonore étonnant. Les baleines y chantent. Leurs sons longs et plaintifs ressemblent à des mélodies. Pour mieux comprendre leurs comportements sous-marins, les chercheurs ont décidé d’étudier les sons qu’elles émettent.

Retrouvez le reste de l'article en
cliquant ici.

21.9.08

Revue Quatre Temps



La revue Quatre Temps est une publication destinée aux amis aux amis du jardin botanique de Montréal.









Ma première collaboration avec eux est parue au mois de Décembre 2007. Apprenez-en plus sur l'huile de pépins de courge !




20.9.08

Les Sciences Simplifiées, Musée Armand Frappier

Quoi de neuf cette année dans le bi-hebdomadaire "Courrier Laval" ? Encore plein de textes de biosciences à déguster !! Miam Miam !!





Les pesticides et le cancer, Juin 2007 :





Retrouvez ces articles et d'autres sur le cybersite du Musée Armand Frappier.


En ligne sur le Courrier Laval :


Bon Appétit !!


Pour les nostalgiques, voici les textes de la cuvée 2006.

19.9.08

Ulysse

Besoin de prendre le large ? De visiter notre belle planète ?

Rendez-vous sur le
site de voyages de Sears et allez voir les "Guides". Vous trouverez quelques belles destinations partout dans le monde, grâce à une collaboration de la maison d'édition Ulysse pour laquelle j'ai travaillé. Les fiches qui suivent sont le fruit de mon travail :

Caraibes : îles Turquoises, Puerto Plata, Punta Cana.

Amérique latine : San José, Santiago du Chili, Panama.

États Unis : New York, Orlando, Honolulu et Big Island.

Alors, envie de voyager ?

19.11.06

Textes des Sciences Simplifiées 2006

Dans le cadre d'une collaboration avec le musée Armand Frappier, plusieurs textes sont parus dans le bi-hebdomadaire "Courrier Laval". Voici les textes écrits en 2006. Je vous invite à les découvrir...

  • une saine alimentation contre le cancer (29 Décembre)
  • les enquêtes épidémiologiques (24 Novembre)

  • le rhume et la grippe (27 Octobre)
  • le smog (23 Juillet)



  • la maladie d'Alzheimer (2 juillet)



  • les bioinsecticides (4 Juin)
Retrouvez ces articles et d'autres sur le cybersite du Musée Armand Frappier.

En ligne sur le Courrier Laval :

Bonne lecture !!

6.1.06

La thérapie génique au service de la lutte contre le cancer

Le cancer tue généralement par des métastases perturbant le fonctionnement des organes dans lesquels elles se développent. Une des techniques utilisées pour soigner cette maladie, la chimiothérapie, peut être aussi dommageable pour les patients. La thérapie génique offre un nouvel espoir dans le combat contre le cancer.

La chimiothérapie est utilisée pour lutter contre le cancer en phase de généralisation. Les produits utilisés s’attaquent à toutes les cellules en prolifération. Ils ne font pas la différence entre cellules tumorales et cellules saines. En cas d’utilisation de fortes doses permettant d’augmenter son efficacité sur certaines tumeurs, la chimiothérapie détruit les cellules de la moelle osseuse. Ces cellules sont les promotrices des globules rouges (assurant l’oxygénation des tissus) et des globules blancs (assurant la protection de l’organisme contre les infections). Il est donc important de les sauvegarder. Actuellement, on effectue un prélèvement de la moelle osseuse avant traitement, puis on l’autogreffe au malade après injections des produits chimiothérapeutiques.
Les chercheurs de l’Institut du Cancer du New Jersey nous font part des découvertes récentes dans ce domaine. Il existe actuellement une thérapie qui consiste à insérer un gène de résistance aux drogues anticancéreuse dans les cellules de la moelle osseuse du patient. Ces études en sont au stade préclinique pour la plupart mais certaines en sont au stade cliniques. Le gène de résistance multidrogue MDR 1 fournit une résistance à de multiples produits chimiothérapeutiques. Il protège ainsi les cellules normales de la toxicité de ces drogues carcinogènes.

Cette technique, en plus d’être utilisée dans de multiples maladies acquises comme les lymphomes ou le cancer du sein, des testicules ou du cerveau, peut s’avérer utiles dans le traitement de maladies génétique comme la thalassémie ou la déficience immunitaire sévère liée au chromosome X.

La recherche scientifique au 21ème siècle


Une approche écosystémique


Fini le temps des scientifiques cantonnés dans leurs laboratoires poussiéreux. Les chercheurs ne travaillent plus sur une partie du sujet, coupés du reste de l’étude. A l’heure actuelle, le point de départ est replacé dans son contexte. Place à l’approche écosystémique ! L’Homme est au centre des recherches mais les facteurs qui influencent son écosystème sont pris en compte.

Quelle est l’influence du mercure sur la santé humaine ?

Voici le point de départ de Donna Mergler, professeure en sciences biologiques à l’Université du Québec À Montréal, et de son équipe. Pour répondre à cette laborieuse question, les chercheurs sont partis du taux élevé de mercure rencontré en Amazonie, au Brésil, dans les poissons mais aussi chez l’Homme. Ils ont dû fragmenter cette étude en différentes parties.

1ère partie : d’où provient le mercure rencontré dans l’eau ?

La première hypothèse était que le mercure utilisé dans les mines pour extraire l’or se retrouve dans l’air, puis dans l’eau. Libéré ainsi dans l’environnement aquatique, il s’accumule au fur et à mesure que l’on avance dans la chaîne alimentaire, aussi appelée chaîne trophique. En fait, le mercure provient du relâchement des sols suite à la déforestation. Les sols n’ayant plus la protection des arbres, sont plus érodés. Le mercure est donc transporté dans l’eau à la suite des pluies et des crues. Les poissons se nourrissant de mets aquatiques (algues pour les herbivores, petits poissons ou plancton animal pour les carnivores) sont à leur tour contaminés par ce polluant.

2ème partie : quels sont les niveaux de mercure rencontrés chez les poissons et les humains de cette région ?

Les poissons sont pêchés et analysés. Les résultats montrent des taux différents selon que les poissons soient carnivores ou herbivores. En mangeant d’autres chairs contaminées par le mercure, les poissons carnivores possèdent beaucoup plus de mercure. Ces taux sont de 0,05 %.
Afin de connaître l’historique des quantités de mercure chez les gens de la région, les analyses ont été effectuées sur des échantillons de cheveux. Les chercheurs ont ainsi obtenu un taux de mercure en fonction de la chronologie, correspondant à une saison de l’année.

3ème partie : quels sont les effets de tels taux de mercure sur la santé humaine ?

On observe des signes néfastes du mercure sur le système nerveux à partir de 5 %. Dans le cas de cette étude, les craintes étaient tournées sur l’effet de ce polluant sur le quotient intellectuel des enfants. La baisse du bien-être entraînée par de tels effets a une conséquence sur toute la collectivité. Grâce à 5 tests psychomoteurs (mettant en jeu les capacités physiques des enfants), l’équipe de chercheurs a découvert que les facultés des enfants diminuent avec l’augmentation du taux de mercure, et ce à partir de 2 %.

4ème partie : comment être sûr de ces résultats ?

Impliquée dans cette étude, la communauté locale a tenté avec les chercheurs de trouver des solutions à cette pollution. Pour ne pas changer complètement les modes alimentaires de cette population, les scientifiques ont incité les gens à toujours manger du poisson, mais ceux ayant une contamination au mercure moins importante, c’est-à-dire les poissons herbivores. En 6 ans, les analyses ont montré que le taux de mercure rencontré chez ces gens avait diminué de 40 %. Les effets du mercure sur la santé humaine ont donc diminué.

Et après ?

Cette étude montre l’importance pour la science de travailler de pair avec les populations touchées par de tels sinistres. Découvrir d’où vient le problème, évaluer la difficulté, revenir auprès des gens en leur proposant des solutions alternatives, tester avec eux l’efficacité de ces résultats, telle est la nouvelle mission de la science.

La pilule bleue à la rescousse du cœur des femmes

Si le viagra est si célèbre, c’est pour sa guérison de certaines maladies d’amour. On peut dorénavant lui accorder des vertus pour guérir des maladies de cœur.


100 000 personnes à travers le monde, principalement des jeunes femmes, sont touchées par l'hypertension pulmonaire artérielle. Cette maladie ne laisse que 50 % de taux de survie après 5 ans de diagnostic. Une récente étude vient de démontrer que le sildénafil, molécule mieux connue sous le nom commercial de Viagra, permet maintenant de traiter ces cas. En plus d’aider les hommes, le Viagra peut maintenant être pris par les femmes.

Le mode d’action
Développé pour ses propriétés vasodilatatrices, le sildénafil devait avoir une fonction cardio-protectrice en liquéfiant le sang. N’étant pas concluant dans ce rôle, il a pourtant été vite remarqué par les patients masculins pour ses effets secondaires. Censé lutter contre une mauvaise irrigation du cœur et des angines de poitrine, la drogue commercialisée sous le nom de Viagra permet de traiter les cas de dysfonctionnements érectiles (ou impuissance).
Cette molécule induit l’érection en inhibant une enzyme spécifique, la PDE 5. Cette enzyme, retrouvée surtout dans le pénis, est neutralisée. Le GMC cyclique, substance présente lors de l’excitation, peut ainsi relâcher les vaisseaux sanguins du pénis qui grossissent et s’engorgent de sang. Les scientifiques ont élargit dernièrement son champ d’action.

L’hypertension pulmonaire artérielle
L’hypertension pulmonaire artérielle consiste à l’épaississement et au resserrement de minuscules vaisseaux sanguins existant dans les poumons. Ces changements créent une énorme pression au niveau du cœur par l’artère pulmonaire, le vaisseau qui permet de porter le sang du cœur aux poumons pour une réoxygénation. Les patients atteints de cette maladie souffre donc d’une faible oxygénation sanguine et de réduction et faiblesse cardiaque. L’origine de cette maladie n’a pas encore été déterminée.

Bouffée d’air dans le sang
L’enzyme agissant dans le cas de dysfonctionnement érectile, la PDE 5, est largement répandue dans les poumons. C’est pourquoi l’équipe du docteur Galié, de l’institut de cardiologie de Bologne, en Italie, a pensé à expérimenter le sildénafil sur des patients atteints d’hypertension pulmonaire artérielle. Les 278 malades de cette étude ont été traités de 2 manières différentes : placebo ou doses croissantes de sildénafil. L’effet de cette drogue est mesurée par un test simple de locomotion. Après 12 semaines de traitement, les résultats montrent que la distance parcourue par les malades est augmentée de 45 à 50m, proportionnellement à la dose reçue.
En dilatant les vaisseaux sanguins au niveau des poumons, le sildénafil inhiberait la croissance des cellules bloquant les vaisseaux sanguins, augmentant le flux et abaissant la pression cardiaque.

De l’utilité du sildénafil
Si 100 000 000 hommes à travers le monde souffrent d’une quelconque dysfonction érectile, il est aisé de comprendre pourquoi les losanges bleus se sont si bien vendus. Les actions de son découvreur ont monté en flèche. La molécule est maintenant « relookée » afin d’offrir un traitement contre l’hypertension pulmonaire artérielle meilleur marché. Le médicament est appelé Revatio. La pilule, blanche, a envahi les pharmacies depuis Juillet aux Etats-Unis et a été adoptée ce mois-ci en Europe. Le sildénafil est donc une bonne alternative à un traitement pouvant coûter jusqu’à 20 000 US $.

Les utilisateurs de cette molécule ne seront plus uniquement des hommes de plus de 50 ans mais un grand nombre de personnes souffrant de troubles cardiaques et pulmonaires. Elle pourrait jouer un rôle dans le cas de leucémie lymphoïde chronique B. Les scientifiques sont même en train de chercher si cette molécule pourrait être utile aux montagnards, lors d’ascension de haute altitude où l’oxygène fait défaut. Ces résultats encouragent la poursuite d’études dans d’autres maladies.

20.9.05

Projet de Maîtrise vulgarisé


Elaboration d’une méthode pour évaluer l’âge des cétacés à partir de leur longueur de télomères
Joanna Prime et Michel Fournier de l’ INRS-IAF, La station de recherche des îles Mingan sur les cétacés (MICS), le Groupe de Recherche et d’éducation sur les Mammifères Marins (GREMM).
Ce texte a servi à l'élaboration d'un article, rédigé par "Baleines en direct" sur le site suivant : Les rorquals à bosse ont l'âge de leurs télomères

Pour connaître l’âge de la plupart des mammifères vivants, il suffit de regarder leur dentition. Malheureusement, cette technique ne s’applique pas à tous les mammifères, notamment les mammifères marins. A l’heure actuelle, il est donc impossible de déterminer l’âge d’un cétacé vivant, à moins de l’avoir vu naître.
La technique consistant à compter le nombre de couche de dentine, élément composant la dent, à partir d’une coupe transversale de dent, s’applique actuellement sur les carcasses des cétacés à dents, appelés odontocètes. En effet, il est impossible d’endormir ces animaux, donc impossible de les immobiliser afin de prélever quelques dents. De plus, cette méthode ne peut s’appliquer aux mysticètes, ou baleines à fanons, car elles ne possèdent pas de dents.

Ici, nous avons tenté de déterminer l’âge des cétacés, sans endommager les animaux, en mesurant leurs télomères.

Qu’est-ce qu’un télomère ?

Afin de maintenir les tissus de notre corps, les cellules vivantes qui les constituent se divisent continuellement (division cellulaire). Les chromosomes, qui portent l’information génétique, se dédoublent peu de temps avant la division cellulaire. Ce phénomène est appelé la réplication de l’ADN. La machinerie qui s’occupe de cette action ne permet pas de répliquer la fin des chromosomes. Pour palier à ce problème, il existe une partie ne codant pour aucune fonction vitale à la fin des chromosomes. Cette région est appelée télomères.
Donc, si les cellules se divisent avec l’âge des organismes, les télomères tendent à diminuer. Ainsi, la taille des télomères reflète l’âge de la cellule. Mais l’âge de la cellule reflète-t-il l’âge de l’individu ?

Comment mesure-t-on les télomères ?

Tout d’abord, il faut pouvoir prélever du tissu de baleines. Les espèces que nous avons étudiées ici sont le béluga (odontocète) et le rorqual à bosse (mysticète). Ces deux espèces se retrouvent dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, Québec, Canada.
La peau de bélugas est prélevée à partir de bélugas échoués, conservée au froid et transférée dans une solution conservatrice. Celle des baleines à bosse est prélevée avec une arbalète, sur des animaux nageant librement et placée dans la même solution conservatrice.
Pour extraire l’ADN, matière contenant l’information génétique, on broie le tissu. Cette action permet de séparer toutes les cellules. Puis, on fait éclater les cellules grâce à une solution appelée lyse cellulaire. Après centrifugation, l’ADN se retrouve au fond du tube.
Les télomères sont séparés du reste de l’ADN par une coupure nommée digestion enzymatique. Les fragments obtenus sont mesurés à l’aide d’une sonde radioactive télomère-spécifique.

Quels sont les résultats obtenus ?

Pour la première fois, la séquence qui compose les télomères des baleines à bosse et des bélugas a pu être identifiée. Elle est la même que celles de beaucoup d’autres mammifères comme l’homme. La relation entre l’âge et la longueur des télomères n’est pas significative pour ces deux espèces. Ces courbes ne peuvent donc pas servir de référence afin de déterminer l’âge de nouveaux individus. Cependant, on peut observer une tendance à la diminution chez les baleines à bosse qui n’est pas présente chez les bélugas.

Et la télomérase dans tout ça ?


Pour éviter ce mécanisme de raccourcissement des télomères, certains types cellulaires proliférants (comme les cellules servant à la reproduction) possèdent un système permettant de rallonger les chromosomes. Cette machine est appelée la télomérase. Elle permet de garder intacte l’information génétique et de ne pas léguer à notre descendance un héritage trop vieux.
On a retourvé cette télomérase dans des échantillons de peau de bélugas.

Conclusions de cette etude ?

La séquence des télomères rencontrée chez les bélugas ainsi que chez les baleines à bosse a pu être identifiée. Pour les baleines à bosse, la courbe “Longueur des télomères en fonction de l’âge” montre une tendance à la diminution mais cette relation est non significative. Il serait intéressant de poursuivre ces expériences sur un nombre plus grand d’individus pour confirmer cette tendance. Pour les bélugas, cette courbe ne montre pas de relation significative. La télomérase, qui rallonge les télomères, est active dans les 2 biopsies testées. Des travaux sur des bélugas vivants, d’âge connu, effectués en parallèle avec la population de bélugas de l’Arctique comme contrôle négatif nous permettrait de savoir si cette activité télomérasique est liée aux taux de contaminants présents dans l’Estuaire du Saint-Laurent.

19.9.05

Cacophonie chez les baleines

Après les méfaits d’une industrie baleinière abusive, les cétacés sont la cible d’autres attaques. Leur environnement est considérablement dégradé : contamination chimique des eaux, décharges marines, surexploitation par la pêche entraînant un manque de proies. La pollution sonore vient s’ajouter à la pollution chimique. Les bruits sous-marins de nature humaine ont bien des origines : exploration en pleine mer d’hydrocarbures, exploration sismique, extractions de minerais, dragage des océans, navires de pêche, recherche océanique acoustique, activité militaire et trafic maritime allant de lourds cargos aux bateaux de plaisance en passant par les croisières aux baleines. Ces nouvelles agressions ont lieu dans tous les océans du globe. Certains scientifiques les accusent même d’être responsables d’échouages massifs. Quelle est l’origine d’un tel brouhaha dans nos mers et quels en sont les effets sur les cétacés ?

Chut, je vois les sons…

Nous sommes à 40 m de profondeur. Ici, près de 90 % de l’énergie lumineuse a été absorbée. Il fait sombre. Et pourtant, un dauphin surgit sur un thon. Il n’a pas droit à l’erreur car cette proie constitue son seul repas. A 200 ou 400 m de profondeur, aucune lumière ne pénètre plus. Quant à l’odeur, les baleines n’ont pas de nez. Ou très peu. Mais comment font-ils pour être si précis ? Dans ces conditions, il est facile de comprendre que les cétacés ont développé une ouïe extraordinaire. Le conduit auditif externe est très petit, généralement bouché par des couches de cire qui s’accumulent avec l’âge. Heureusement, les structures auditives sont mal isolées du milieu environnant. Cela permet une meilleure propagation du son externe jusqu’à l’oreille interne. Les sons peuvent aussi être reçus par la mâchoire inférieure. Les vibrations sont amplifiées, recueillies par un cordon graisseux et transmises à l’oreille interne. Enfin, les régions du cerveau servant à l’analyse des sons, les lobes temporaux, ainsi que le nerf transmettant les signaux auditifs, le nerf acoustique, sont extrêmement développés.


La pollution sonore, jusqu’à la mort.

Attention, mettez vos casques anti-bruit car une explosion va avoir lieu dans les eaux australiennes. C’est à plus de 20 000 km et pourtant le son généré par 120 kg de dynamite traverse l’océan atlantique et se retrouve dans la mer des Caraïbes en 4 h à peine. Ces résultats sont le fruit d’une expérience scientifique mais qu’en est-il de tous les sons produits par l’industrie, les ferry, les sous-marins de l’armée ?

15 Mars 2000. Tout semble calme et pourtant. 16 cétacés s’échouent ce jour-là aux Bahamas. Des baleines à bec mais aussi des petits rorquals. Les autopsies ont montré du sang dans les oreilles internes et un dommage au cerveau. US Navy a admis que l’utilisation de systèmes de sonars de haute densité ce jour-là était responsable du grand nombre d’échouage. À la suite de cet essai, le nombre de baleines à bec vues dans cette zone a considérablement chuté, laissant supposé que beaucoup plus furent touchées. C’est la première fois que l’armée reconnaît son implication dans des échouages de cétacés. Certains affirment que ce drame est le résultat de conditions exceptionnelles. Les baleines n’ont pas pu remonter à la surface et échapper à cette vague sonore car elles se nourrissaient dans des canyons sous-marins. D’autres ont été observées, déroutées, nageant en cercle après que des biologistes aient tenté de les remettre à l’eau. Les sonars semblent assourdir et étourdir les baleines, les rendant vulnérables aux échouages mais aussi aux attaques de prédateurs.

5 Mai 2003. L’USS Shoup fait des essais de sonars. Des experts sur des orques reportent un comportement anormal, comme une fuite. Aucun dommage permanent ou temporaire du système auditif n’a été noté pour cette espèce. Pourtant non loin de là, 15 marsouins sont retrouvés échoués.

Les sonars ne sont pas les seules causes d’échouages. Les explorations sismiques sont aussi montrées du doigt. « Il est impensable que nous nous engagions dans des activités endommageant l’écologie globale » affirme Michael Purdy, géophysicien et directeur de l’institut de Lamont-Doherty. C’est pourquoi le Maurice Ewing, bateau de recherche scientifique est contraint de faire demi-tour des Bermudes en Novembre 2003 et du Mexique en Février 2004 et d’abandonner 2 projets. Le montant est estimé à 2,6 millions de dollars (US). Une croisière prévue pour Janvier 2004 est également retardée au large du Venezuela pour éviter la saison de migration des baleines à bosse. Les chercheurs emploient des pistolets à air comprimé générant des ondes sonores pour sonder les formations rocheuses sous-marines. Cette activité nuit aux mammifères marins. En 2000, 3 baleines à bec sont retrouvées échouées aux Galápagos. En 2002, ce sont 2 baleines à bec qui sont retrouvées sur la côte Ouest du Mexique. Ces échouages ont eu lieu durant des études du Maurice Ewing même si aucune corrélation n’a été démontrée.


« Depuis 20 ans, j’étudie les baleines du Saint-Laurent et jamais je n’ai été aussi inquiet pour leur avenir » témoigne Robert Michaud, scientifique au groupe d’études des mammifères marins. Cette déclaration fait suite à la très controversée exploration pétrolière qui doit avoir lieu dans le Golfe du Saint-Laurent. « On parle d’explosions de milliers de livres par pouces, de déplacements d’eau et de détonation assez fortes pour tuer des grands cétacés » explique Daniel Green, de la branche canadienne du Sierra Club. Ces eaux sont les niches écologiques d’un grand nombre d’espèces. Des plus petites, les marsouins, en passant par diverses espèces de dauphins et de rorquals comme les rorquals communs, jusqu’aux plus gros mammifères que la Terre est jamais portée, les baleines bleues. Tous se donnent rendez-vous. Un moratoire a donc été mis en place jusqu’à l’apport de nouvelles preuves.

Le nez argenté, lisse, le Chat vogue dans la baie de Fundy. Ce traversier est un des plus rapides de l’Amérique du nord. Il peut naviguer jusqu’à 90 km/h. Sa mise à l’eau, en 1998, a suscité des inquiétudes de la part des chercheurs. En effet, ces eaux sont le sanctuaire de la baleine franche, espèce en voie d’extinction. Mais il faut de gros moteurs pour propulser une telle charge. Et le bruit créé par ce navire ne fait qu’ajouter un peu de pollution sonore ambiante. De plus, à de telles vitesses, comment éviter un des derniers Léviathans ? Le heurt des baleines par les bateaux et surtout par leurs hélices est une cause fréquente de décès. Avec les filets de pêche, il représente 46 % de la mortalité de baleines noires de l’Atlantique Nord recensée entre 1970 et 2001.

C’est l’été en mer de Beaufort. La population de bélugas mène une vie tranquille. Les premières glaces arrivent avec l’automne. Avec elles, les problèmes de communications. Le bruit qui couvre les chants de ces canaris des mers n’est pas lié aux craquements de la glace ni aux courants et aux vents qui soufflent les morceaux. Non. Les bélugas entendent le Henry Larsen sur de longues distances, allant de 35 à 78 km. Ce brise-glaces propulse de l’air qui pousse la glace hors du couloir de navigation. Les signaux de communication, d’écholocation, les sons servant à s’orienter, à détecter des proies ou des prédateurs sont masqués dans une zone de 14 à 71 km. Les bélugas tentent de fuir le navire dès qu’ils le détectent. Mais lorsque l’animal est trop près, entre 1 et 4 km du bateau, son système auditif peut être touché. On observe alors un dommage auditif temporaire, pour au moins 20 min. Face à trop de bruit, les cétacés tentent de fuir. La première stratégie consiste à passer plus de temps sous l’eau, nager plus lentement et diminuer le temps alloué à la respiration. La deuxième stratégie est de changer de direction, diminuer le temps de plongée, nager plus vite et passer plus de temps à la surface. Ce phénomène a été observé pour un grand nombre d’espèces, à travers tout le globe.

Les méfaits de l’écotourisme

Au début passives, voire coopérantes, les baleines à bosse se sont lassées de notre jeu. Depuis les années 80, les baleines ont connu un engouement de la part du public. Ainsi, les croisières aux baleines se sont multipliées. Malheureusement, tout cet écotourisme provoque une augmentation de sons dans les aires fréquentées par les baleines. Depuis 1978, on a pu observer des cas où elles chargeaient à l’approche des bateaux ou encore « criaient » sous l’eau. Les baleines sont donc stressées par le bruit et modifient leurs comportements aériens ou leurs échanges sociaux.

C’est l’hiver à Hawaii. Les baleines à bosse sont venues, comme chaque année, passer l’hiver dans des eaux chaudes. C’est l’époque où les femelles rejoignent leurs chanteurs pour s’accoupler. Elles sont là pour se reproduire, mettre bas. Ces moments sont le siège d’interactions sociales, de démonstration impressionnante telle que les sauts hors de l’eau ou le battement des nageoires pectorales et de la queue. Or, ces comportements sont très prisés par les croisières aux baleines. Même si les chants des baleines sont nombreux et assez forts pour dépasser les bruits de bateaux, il est peu probable qu’elles n’entendent pas le son des moteurs. Malgré le fait qu’ils ne produisent aucun dommage au niveau du système auditif, les baleines interrompent leurs activités pour fuir cet embarras sonore. Leurs comportements sont là aussi modifiés. Elles changent brusquement de direction, restent immergées plus longtemps, essayant de fuir cette nuisance. Elles interrompent leur activité de chasse, d’allaitement et sont gênées durant la mise-bas. C’est là que les sons d’origine humaine posent problèmes. Le taux de reproduction est faible chez ces animaux. Les baleines à bosse ont, comme les orques, quand les conditions sont optimales, un petit tous les 2 à 3 ans. C’est également le cas du béluga dont la gestation est de 14 mois. Tout ceci affecte la survie de la population.
Le ferry approche, accompagné de plusieurs bateaux écotouristes. La population de bélugas de l’Estuaire du Saint-Laurent connaît la même gêne que celle des orques de Washington. Le bruit de fond sous-marin interfère avec la détection et la discrimination de signaux cruciaux aux membres d’une espèce. Les animaux, pour compenser le bruit anthropogénique, changent leurs chants à l’arrivée d’un bateau. Les bélugas chantent moins et augmentent la fréquence d’émission. Les orques, pour surpasser ces interférences, augmentent le volume, l’amplitude et la durée des signaux. On ne connaît pas la signification de tels changements mais ils sont d’autant plus importants que le bateau est gros.

Les cétacés ne sont pas les seuls touchés par le bruit anthropologique. Il représente une menace pour toute l’écologie marine. Après la surexploitation, le bruit peut donc être une nouvelle source de danger pour certaines espèces de poissons ou de crustacés. L’ouie des poissons baisse avec le bruit. Or, les poissons se servent de ce sens pour chasser, sonder, fuir des prédateurs ou s’accoupler. Les crevettes aussi sont touchées par ce vacarme. Et c’est la qu’il faut tirer l’alarme car les poissons et le krill sont la nourriture principale des cétacés. Cette pollution atteint donc les cétacés à un autre niveau d’atteinte.

Silence SVP. On chante !

Les cétacés sont capables de produire des sons allant de 20 Hz à 20 000 Hz, spectre audible à l’oreille humaine, mais aussi des infrasons, inférieurs à 20 Hz et des ultrasons, jusqu’à 250 000 Hz. Ce large spectre couvre une grande variété de sons comprenant des meuglements, des gargouillements, des grognements, des clics ou encore des sons de cloche. « Je me souviens avoir posé les yeux sur une carte des océans et avoir brusquement réalisé…J’écoutais une baleine qui ne se trouvait pas à 10 ou même 100 km de là. Elle se trouvait bel et bien à plus de 1 000 km !! » confie Christopher Clark, directeur du programme de recherche de bioacoustique à l’université de Cornell écoutant les sons produits un rorqual bleu. Ici, entre la couche d’eau chaude et la couche d’eau froide, entre 100 et 1000 m de profondeur, à une certaine pression, toutes les conditions sont favorables à une bonne transmission des infrasons. Ces ondes de moins de 20 Hz empruntent des chenaux acoustiques et se diffusent sur de très grandes distances. En plus, la baleine bleue est capable de produire un son plus fort que le bruit d’un avion de ligne à réaction. Ces sons serviraient à une communication entre deux individus séparés par une très grande distance et permettre ainsi individus de se retrouver à des milliers de kilomètres de là. Ils permettent aussi aux animaux d’avoir une idée du relief sous-marin ou de sonder la température des eaux environnantes. Ceci peut s’avérer très utile pour lutter contre le froid des océans ou pour la recherche de nourriture.

Selon la fréquence utilisée, les sons n’ont pas la même fonction. Chez les baleines à dents, les fréquences audibles pour l’homme (20 à 20 000 Hz) ont tout d’abord une fonction sociale. Elles symbolisent la cohésion. On peut les entendre lors de l’arrivée d’un groupe dans un territoire familier, lors de retrouvailles entre des individus et leur groupe. On les soupçonne également d’être à l’origine des échouages massifs. Un groupe entendant des signaux d’un individu en détresse et décidant de se rapprocher peut ainsi se mettre en danger. Un orque chasse. Elle veut semer la panique dans un groupe de phoques, d’otaries ou de petits cétacés. Il ne lui reste plus qu’à produire ce type de sons. Les animaux sont déstabilisés par l’attaque. La chasse est alors plus facile. Elles permettent aussi à chaque groupe de s’identifier. Ceci est valable pour des espèces de structures sociales complexes comme les cachalots, les dauphins, les narvals ou les orques.

Un groupe de dauphins approchent. L’analyse des sons révèle que de nombreux clics sont émis. Ces clics sont-ils rapides et de fréquence élevée ? Alors les dauphins sont en pleine chasse. Sont-ils de basse fréquence, produit lentement ? Alors les animaux explorent ce nouveau lieu. Les baleines sont capables d’une parfaite analyse du milieu environnant par une image acoustique. Ce système ultra perfectionné, qui ressemble à l’échographie, est appelé écholocation. Les baleines à dents émettent des ultrasons, clics de 25 000 à 250 000 Hz. La production de ces clics varie selon l’activité des animaux. Lors de la chasse, on obtient une image précise et plus proche. Lors de l’exploration d’un lieu, on obtient une image floue mais lointaine. Ces sons sont réverbérés par un objet et reviennent ensuite aux cétacés. Ils permettent l’identification de proies ou d’obstacles. Par exemple, les baleines sont donc capables de repérer des billes de 5 à 7 cm de diamètre selon leur consistance à 70 m de distance. Chez les mysticètes, se nourrissant d’énormes bancs de krills, la nécessité d’un sonar est moins grande. Ce système est donc nettement moins développé.


Il existe deux théories sur la provenance de ces sons. La première, la plus couramment acceptée, veut que les sons soient produits au niveau du conduit respiratoire, entre le crâne et l’évent, par des sacs périnasaux. Ce déplacement d’air produit des vibrations qui sont redirigées par la mâchoire supérieure à travers les graisses du melon. La deuxième théorie est que les cordes vocales produisent des sons transmis par les os du museau et du rostre.
La cacophonie océanique affecte les cétacés à deux niveaux. Le premier se situe au niveau de l’oreille et autour du cerveau. L’oreille interne baigne dans un liquide composé de mucus et d’huile. On y retrouve de petites bulles d’air. Lors d’une plongée, l’animal est sujet à des variations de pression. Afin d’éviter des sons produits par des sonars ou l’explosion de canons à air comprimé, l’animal remonte rapidement à la surface. Il lui arrive alors un accident de décompression. Du nitrogène se forme dans ses tissus, entraînant une hémorragie. Le deuxième niveau d’atteinte se voit à long terme. Le bruit de fond sous-marin constant vient déranger les baleines dans leurs activités journalières. Ces animaux peinent à se nourrir ou se reproduire. La survie de certaines espèces est alors menacée par notre brouhaha.